Envoi 16 a Yangon, puis Sittwe et Mrauk-U

1./2. dimanche

Le retour à Yangon.

Le train de Yangon part de Mawlamyin à 6h. Lever à 5h et mototaxi à 5h30. C’est tôt, mais, normalement, je me reveille vers cette heure là.

Sur la route vers la gare il règnait un brouillard assez épais et nous ne roulions pas très vite.

La toute nouvelle gare est assez splendide considérant la taille de la ville. Le train, par contre, m’avait l’air un peu fatigué: crasseux à l’extérieur comme à l’intérieur. Les sièges inclinés pour de bon, le mien l’était vraiment trop pour être assis normalement, et en plus, il tournait sans être prévu pour ça. Il devaient manquer quelques boulons. Bref, le matériel n’est plus entretenu.

Le siège quand-même tenu jusqu’à Yangon.

J’avais juste le temps de confirmer pour la nième fois mon vol; ça y est et de changer quelques dollares, oh Dolores – résultat au taux promis, pour une fois, et me voilà libre de mettre un début de commencement de la suite du Blog sur le « net ». Fallait profiter du débit plus  élevé de l’ex-capitale.

On y arrive à grand coup (coût) de groupes électrogènes – quel boucan quand ça coupe, et çà coupe souvent et pour longtemps. Bien sûr, si l’on vend près de 2/3 de l’électricité produite à l’étranger il ne reste plus assez…

2./2. direction Mrauk-U (à prononcer comme miaou).

Avant d’y arriver, il faut prendre l’avion jusqu’à Sittwe – interdiction officielle d’aller à Sittwe par la route.

Le vol commence déjà mal…Le taxi me dépose à l’entrée de la partie « départs internationaux » de l’aéroport. Mais celle-ci est parfaitement isolée des vol domestiques par un mur infranchissable.

Une petite marche à pied me ferait-elle gagner la bonne entrée? Eh, non! Chaque compagnie des vols intérieurs  (il y a déjà 4) possède sa propre entrée, pas question de passer de l’une à l’autre (après enregistrement on se trouve tout de même dans la même salle d’attente).

Rien à dire sur le vol en bimoteur turboprop, sauf qu’on était à l’étroit et que toutle monde avait très, mais alors très chaud.

Escale à Thandwe,donnant accès à la plus réputée plage du Myanmar: Ngapali.

On arrive sains et saufs à Sittwe, plus au nord, située à l’embouchure du Kaladan. Le Kaladan subit les marées jusqu’à 60 km en amont, son eau est donc saumâtre. Cela explique la présence de poissons d’eau douce et d’eau salée à Mrauk-U à quelques 57 km au nord sur le Kaladan.

L’hôtel de mon choix initial, le Noble, est plein et je descends au deuxième de ma liste, le « New Palace » (rien que ca, siouplé). Grande chambre, salle de bain et télé-parfait, mais douche froide, brrh! Rien à dire sur le tarif: 10$.

PANIQUE
Maintenant surgit un gros problème pour beaucoup de visiteurs potentiels de Mrauk-U. Quelqu’un a eu l’idée saugrenue de refaire la piste de l’aéroport pendant 4 jours. Oui, enfin non, il n’y a qu’une.

Catastrophe pour les gens qui ont des vols de connexion à prendre. Moi, qui voulait repartir le 8., je vais rester un peu plus longtemps à Mrauk-U et explorer cette ancienne ville royale plus à fond.

Il paraît que je peux avoir un vol le 11., Sûr! On verra.

3./2. Remontée du Kaladan direction Mrauk-U.

Réveil en sursaut vers 6h45; je me suis rendormi…

Pas de panique, on ne part vers le quai d’embarquement que sur le coup de 7h30. Et encore, là, j’ai le temps de manger un peu de riz frit (fly ly=fried rice) aux petites crevettes d’abord sèchées, puis frites, puis surchauffées au piment et boire une tasse de thé. Le bassin d’où partent les bateaux est déjà très actif.

le port de Sittwe

le port de Sittwe

Nous ne sommes que deux personnes sur ce petit bateau, propre et solide. On peut s’étaler où l’on veut. C’est le confort! On peut même se préparer du thé chaud.

Il y a une forte activité de pêche et de transport sur le Kaladan, qui est très large à l’embouchure et supporte des bateaux de fort tonnage.

rive-1-600

rive-2-600

les rives du Kaladan

les rives du Kaladan

Je garde assez longtemps mon sweat et suis content d’avoir mis mon pantalon long. Il fait plutôt frais jusqu’à midi.

Vers deux heures on aperçoit dans le lointain les premières pointes des stupas et temples de Mrauk-U et le fleuve, maintenant très rétréci, se ranime de plus en plus: pêcheurs, petits bateaux de transport, bacs et de grands radeaux en bambou pour transporter des sac de riz.

approche-1-600

on approche Mrauk-U

on approche Mrauk-U

Nous enfin arrivés.

Je descends au « Royal City » qui offre tout le confort que je désire: l’eau chaude est apportée dans la chambre sur simple demande (ça me rappelle quelque chose, une semaine ski en refuge quand j’étais jeune)

J’ai maintenant une petite faim et j’en profite pour explorer le marché et manger la spécialité du coin: le mondi (nouilles de riz en soupe, assez épicée). Au stand, personne ne parle l’anglais et moi, je ne parle pas le birman, encore moins le rakhaing ou rakhan (non, pas le rouge), ça fait rigoler tout le monde et on arrive à s’entendre par ce biais.

4./2. visite des premières merveilles de l’endroit.

Le guesthouse loue des vélos et on me propose de me faire accompagner par un jeune de l’établissement. C’est rassurant et je n’ai pas à chercher les temples dont les accès sont assez cachés par la verdure de la petite ville.

Celle-ci ressemble plutôt à un village – la mémoire des splendeurs passées a presque disparu. Mrauk-U était, il y a à peine 100 ans, la capitale du grandiose royaume de Rakhaing. Le plus important roi, celui qui a fondé Mrauk-U, était Minbin.

Vers 1830, les Anglais, victorieux, ont annexée la Birmanie à l’Inde et transférée la capitale du Rakhaing à Sittwe et c’était le déclin de Mrauk-U, ce Versailles du golfe de Bengale. Mrauk-U est traversée par une foule de canaux. A mon regret, ceux-ci servent aussi à l’évacuation des ordures au gré des marées.

On trouve autour des ruines de l’ancien château environ 150 temples et stupas, majoritairement élevés en brique, des fois leurs fondations sont en latérite. Les restaurations récentes y ont ajouté également du béton…Quelques temples se laissent uniquement deviner sous une épaisse couche de végétation. Certains monticules par ça et là doivent contenir des stupas complètement ensevelis.

La ville et les nombreux villages autour se trouvent au niveau du fleuve et ses canaux.

Les temples sont sur les collines en hauteur, un peu partout. Le moyen de locomotion est sans conteste le vélo, c’est plat partout autour des collines.

La vie se déroule paisiblement et l’étranger que je suis est très gentiment accueilli. Pas sans quelques moqueries concernant ma mauvaise maîtrise de la prononciation des mots rakhan.

Bien sûr, Mrauk-U est en rien comparable à la splendeur de Bagan. Mais ses stupas, temples et monastères sont distribués dans la verdure autour de la ville, et entourés de villages avec une activité maraîchère débordante et on a de belles vues sur les temples à chaque tournant.

Tout cela est par beaucoup moins « stérile », puisque sans végétation, que le site de Bagan où le village de Bagan même a été déplacé en périphérie du site historique pour ne pas « géner » la vue sur la plaine des temples.

Mon guide et moi conviennent sur le secteur à explorer et nous partons de bonne heure à la fraîche. Le coin que nous allons visiter ce premier jour est le secteur est.

Nous commençons notre visite à Peezi. C’est, vu de loin, pas plus qu’un autre tumulus. Il revèle toute sa beauté après une petite montée: 4 bouddhas assis, regardant dans les 4 directions, surmonté d’un cinqième. L’observateur à l’extérieur peut superposer un des 4 avec celui du dessus. Cela donne occasion de jolies photos – sans montage.

peezi-1-600

peezi-2-600

le site de Peezi

le site de Peezi

Juste en face de peezi se trouve Kothaung. Un monument gigantesque.

Kothaung vu de Peezi

Kothaung vu de Peezi

Kothaung, entrée

Kothaung, entrée

un gardien farouche

un gardien farouche

des milliers de bouddhas dans cette galérie

des milliers de bouddhas dans cette galérie

Ce temple est constellé à l’extérieur d’une myriade de petits stupas. L’intérieur est décoré sur deux galeries concentriques par des milliers de Boudhas en double rang. On l’appelle aussi le temple des 80 000 Bouddhas.

La troisième station est le monastère de Zinaman-aung. Les Jataka (images de la vie et « revie » du Bouddha) de l’escalier menant à la salle d’ordination sont presque de l’art naïf de notre temps, tellement elles sont fraîches et éclatantes de couleurs. On a surtout une superbe vue sur les autres temples et monastères autour.

Zinamanaung

Zinamanaung

Après, nous nous rapprochons un peu de la ville et visitons le grand lac Laksaykan qui fournit à la ville une eau potable de première qualité. On y accède par une énorme porte en brique.

la réserve d'eau de Mrauk-U

la réserve d'eau de Mrauk-U

les communs

les communs

En rentrant sur la ville, nous nous arrêtons encore au monastère de Bandoola contenant un Bouddha très vénéré aujourd’hui. Il est gardé par deux garoudas et deux gardiennes (des soeurs, paraît-t-il)

Notre denière visite est le musée archéologique dans l’enceinte de l’ancien palais royal. Les photos sont interdites-étonnant parce qu’il n’y a ni cartes postales ni livres avec illustrations-. Néanmoins, les artefacts exposés témoignent du grand talent des sculpteurs de Mrauk-U.

Cette première journée se termine vers midi. Pour cause: je suis mort, rouler en vélo ET grimper des escaliers aucunement confortables, a fini par m ‘achever.

La chaleur devient écrasante. REPOS!

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